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Les Indestructibles ?
Zinédine Zidane ne parle pas. Il s’en moque. Il est en finale. Son but à lui n’est pas de s’épancher sur ses réussites ou ses échecs. Depuis son retour en équipe de France, le capitaine des Bleus ne pense qu’à ça. Il est revenu pour gagner une Coupe du Monde et dire adieu à 17 ans de professionnalisme avec le plus beau des trophées dans les bras. Tant pis pour les critiques et les obligations de la FIFA ou de sponsors. Il ne pense qu’au ballon. Un mot synonyme pour lui et pour son groupe de victoire finale. Alors la joie est mesurée. Car comme un coureur dominant le Tour mais perdant le maillot jaune sur les Champs-Élysées, les Bleus ne veulent pas tomber si près de la plus haute marche. Ils veulent être là-haut, tout la haut. Les uns pour la première fois, les autres pour la seconde. Histoire de rentrer encore un peu plus dans la légende de ce sport.
Depuis le retour de Zidane, Makelele et Thuram en août 2005, l’équipe de France va mieux. Elle progresse petit à petit, avec des soubresauts, des inquiétudes mais aussi une certitude. Pour gagner, il faudra trouver des valeurs communes pour réunir le groupe. Cette valeur sera l’humilité. Hormis l’épisode Coupet, vexé de ne pas être titulaire et un coup de gueule de Trezeguet voulant un onze plus offensif, les Bleus se sont montrés d’une solidarité presque sans faille et ont offert un profil bas des plus surprenants vu leurs palmarès collectif et individuel. En mars dernier avant France-Slovaquie, Zidane et quelques cadres avaient établi des règles simples. Parmi elles, la fuite des médias avec l’interdiction des entretiens individuels où la parole est libre et forcément plus critique que dans une conférence de presse…
Les champions du monde 98, comme la nouvelle vague, se sont ensuite soudés à Tignes en escaladant un col. En redescendant, ils avaient le sourire et la fierté d’avoir gravi ce pic à bonne allure. « Nous sommes des compétiteurs », avait rigolé Thuram, qui avait abandonné Barthez et son mollet douloureux pour arriver le plus vite possible en haut. Là-bas, loin du monde, était né ce groupe de 23 que quittera Cissé, remplacé par Govou. Ils joueront aussi pour lui. Avec expérience et maturité, les Bleus ont aussi évité les provocations, laissant les Espagnols chambrer, les Brésiliens et les Portugais afficher de larges sourires la veille des matchs. Alors qu’eux avançaient avec sérieux et maîtrisaient leur communication touchant l’adversaire à la perfection. « Tout a été planifié », lâche Domenech. Avant de souligner : « Mais ce n’est pas fini. L’objectif, c’est bien le 9 juillet. Mais à 22H30, tirs au but compris. »



